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Un peu d'histoire :


Méolans serait l’ancien fief du peuple celto-ligure des Nemolanis, habitants de la forêt vivant dans des cabanes en tronc d’arbres et en pierres revêtues d’un mélange d’argile et de paille hachée, avec toiture en chaume.

L’Histoire a vu passer beaucoup de monde dans ce petit village à flanc de rocher qui se trouvé sur la voie lictia romaine. Il y eut sans doute Annibal, avec ses 37 éléphants, les Sarrazins, peut-être à l’origine du nom du hameau des Maures, le marquis d’Uxelle en 1628 qui brûla le village, le marquis des vins en 1691, qui incendia et pilla puisque l’habitude étais prise. Les incendies se poursuivirent, accidentels ceux-là en 1780 et en 1855.

Le rocher sur lequel le beau clocher du XIVe siècle, pointé comme un doigt vers le ciel, est perché fais l’objet d’une théorie intéressante d’un universitaire historien : ce serait un des repaires de la triangulation géodésique établie par les druides gaulois pour mesurer l’espace.

Sur le flan de montagne, le hameau des Maures-Basses. Méolans comptait au début du siècle 23 hameaux habités, y compris ceux du Laverq. Il en reste encore quelques-uns, Chaudon, Gaudeissard, les Maures, le Villard et , tout en haut, les Besses. La neige était tombée abondamment en 1914, au point d’écraser des cabanes et deux ou trois maisons. Il avait fait très froid ensuite ; on dit même que le vin solidifié se vendais au kilo, débité à la hache. C’est sans doute une plaisanterie, de celles qui sont si belles qu’on en fait des légendes !

Les villageois sous la Révolution devaient être du bon côté : Méolans fut chef-lieu de canton, ayant sous sa juridiction Revel et le Lauzet ; l’Empire passant par là supprima cette attribution.

La commune en 1910 avait 665 habitants et 306 en 1936. Les enfants scolarisés exigeaient trois instituteurs : deux au village et un à Gaudeissard. La société scolaire de tir, fondée en 1910, répondait au nom ronflant de milice Méolanaise.

En arrivant au village, nous pouvons voir l’église paroissiale dédiée à Saint-Julien Martyr, fêté le 28 août. Les fidèles, le 5 février, allaient aussi prier à la chapelle Sainte-Agathe, pour les enfants qui ne voulaient pas téter, la sainte lors de son supplice ayant eu les mamelles arrachées avec des tenailles rougies.

Les hameaux des Maures font penser à l’oraison de la messe du 8 février, dédiée au saint local, Saint Jean-De-Matha :

" Ô Dieu qui avez daigné établir l’ordre de la Très Sainte Trinité pour le rachat des captifs détenues par les Sarrasins, faites que nous soyons délivrés de la captivité du corps et de l’âme. "

Dans les années dix, les commerces de proximité comportaient les cafés Derbez, Colomb et Chauvet, également tabac dans les lieux actuels des Terres Blanches, la boulangerie Tron et le boucher Clariond, sans parler du médecin Devars soignant jusqu’aux années trente. Une fabrique de toile est même signalée dans la géographie Joanne, encore en 1906.

L’abbé Théophile André exerçait vers 1910, remplacé par l’abbé Sébastien Signoret dont les dons étaient reconnus bien au-delà de sa paroisse : redoutable chasseur de chamois et grand décaveur de marmottes, chaudronnier, plombier, apiculteur, infirmier, menuisier, il avait construit une crèche, qui existe toujours, animée par un moteur. Curé là depuis plus de 35 ans, il fut tué en débouchant à bicyclette sur la route à la Fresquière (ou Des Thuiles.).

Les troupeaux ayant déboisé l’adroit, les forêts poussées à l’ubac, avec un échange compensé. Revel avait droit à cinq douzièmes des bois de Méolans, contre un droit de pacage sur ses terres. Chaque famille avait une parcelle de bois d’œuvre pour refaire de temps en temps les charpentes.

Les montagnes pastorales dans le cirque entre la tête de Louis XVI, la montagnette, l’Aupillon et les Plastres nous permettent d’évoquer les troupeaux. Comme partout ailleurs, chaque famille élevait une ou deux vache, quelques cochons, deux ou trois chèvres et une quarantaine de moutons qui estivaient sur les alpages communaux, à l’écart des grand alpages loués à la transhumance. Plutôt que des mulets, les gens avaient des ânes de qui tiraient mal mais portaient bien le bât, passaient mieux grâce à leur petite taille les passages délicats. Les charrettes étaient peu nombreuses. Les transports se faisaient au bât ou bien avec la liaye, traîneau simple, ou encore la grepa, engin perfectionné qui tenait de la charrette avec roues abaissées à la montée et du traîneau avec roue relevées pour la descente.







 
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